Intervention sur le budget primitif 2017 de Mohamed Hakem, 1er maire-adjoint de Bagnolet, lors du conseil municipal du 29 mars 2017

Publié le par Dynamique Citoyenne

Annoncer une hausse des impôts locaux, c'est forcément s'exposer à la critique, et ce n’est pas avec gaieté de cœur que nous avons fait ce choix. Notre préoccupation constante est une gestion responsable des deniers publics tout en maintenant la qualité du service public.

 

Comme vous le savez nous devons faire face à une situation exceptionnelle. La ville n'a pas des moyens extensibles et, dans le même temps, nous sommes soucieux de réaliser des investissements. Vous comprenez bien qu’avec des investissements aussi peu responsables et si peu respectueux des besoins des bagnoletais(es) que ceux portés ces dernières années (75 millions d’euros sur l’Hôtel de ville et l’Ecole Joliot Curie), nous sommes dans l’obligation de rattraper ce colossal retard dû à une gestion dispendieuse. Si la situation n’était pas aussi grave, nous rigolerions volontiers de l’agitation d’anciens élus de la majorité précédente qui ont voté tous les budgets insincères et qui sont maintenant scandalisés par l’augmentation des impôts. Qu’ont-ils proposé ? Rien, si ce n’est la cession des équipements sportifs ou la destruction de logements sociaux aux Malassis et à Jean Lolive pour faire place à des projets immobiliers privés.

 

Faudrait-t-il réduire les subventions aux associations ? Faudrait-il licencier une majorité des contractuels comme certains de nos voisins ? Ou sabrer les crédits de fonctionnement dans les services comme certain(e)s le préconisent ? Faudrait-il sacrifier nos programmes d’investissements pour nos écoles ? Le PNRQAD ? Ou encore renoncer à l’ANRU qui devrait être déjà terminé comme dans toutes les villes ayant lancé le projet en même temps que la nôtre, mais qui n’a pas commencé car les lignes budgétaires qui y étaient destinées ont été sacrifiées d’année en année ?

 

Soutenir le personnel communal, ce ne sont pas que des mots. Le Comité Technique Paritaire a été certainement réuni plus souvent en trois ans que pendant les deux précédents mandats ! Il faut rappeler que le CTP est le lieu de la démocratie sociale dans notre ville. Il permet de discuter entre élu(e)s, directions et partenaires sociaux. Nous pouvons avoir le même raisonnement vis-à-vis du CHSCT qui est l’organe régulateur des conditions de travail et de santé des personnels communaux. Nous sommes fiers de ce travail de restauration du dialogue social dans cette ville qui a trop longtemps été bafoué. Bien sûr, nous ne sommes pas toujours d’accord. Les organisations syndicales sont dans leur rôle lorsqu’elles maintiennent des positions de principe. Mais, nous élu(e)s, ne pouvons rester sur des positions de principe. Nous sacrifions parfois certains principes par responsabilité. Si nous ne prenons pas nos responsabilités, nous créons de l’injustice et de la frustration. Mais, nous ne nous leurrons pas de la situation. La situation de notre ville, comme pour de nombreuses collectivités qui nous ressemblent, est très grave ! Ne leurrons pas les bagnoletais.

 

Pris en étau entre des dotations de l’Etat en forte baisse (- 3,5M€ chaque année) et des charges imposées qui s’accroissent du fait de la gestion désastreuse et hasardeuse de l’ancien édile, nous avons choisi d’actionner le levier de l’impôt pour satisfaire aux ambitions de notre ville et de ses habitant(e)s. S’il suffisait de s’opposer au retrait financier du gouvernement pour obtenir le retour de nos dotations, il y a longtemps que de nombreuses villes disposeraient de moyens supplémentaires. Or, qu’il s’agisse de nos vœux, de négociations, de manifestations, ou encore de pétitions, aucune commune de France n’a pu obtenir gain de cause. Pour autant, il faut, durant cette attente et cet infime espoir, voter un budget responsable.

 

Nous tenons ici à faire savoir que plus de la moitié des ménages bagnoletais ne seront pas assujettis à cette hausse d’impôts, étant soit exonérés, soit soumis à un plafonnement de la Taxe d’habitation car percevant des revenus modestes. Par ailleurs, nous protégeons les foyers les moins pourvus, limitant au maximum l’impact sur la Taxe d’habitation pour la porter sur la Taxe Foncière (supportée par les propriétaires et les entreprises).

 

Comme vous avez pu vous en apercevoir, l'année 2017 est le vrai départ de la rénovation urbaine de La Noue/Malassis, des investissements pour la ville et ses habitant(e)s pour les 3 prochaines années ! Dans le même état d’esprit, le Plan National de Requalification des Quartiers Anciens Dégradés des Coutures va permettre de résorber l'habitat insalubre et lutter contre les marchands de sommeil qui exploitent les plus pauvres. En investissant sur le patrimoine bâti de notre ville (écoles, centres de vacances, centres de quartier…) et la voirie qui ont été totalement abandonnés, nous allons consacrer des centaines de milliers d’euros pour la rénovation des écoles, des crèches et des réseaux de voirie.

 

Plus que jamais, Dynamique Citoyenne inscrit ce budget dans l’avenir pour faire de Bagnolet une ville sociale, solidaire et écologique.

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